Affaire Chabert : le tour de passe-passe de la subvention Montanea

 

Le groupe du Rassemblement Citoyen Ecologiste et Solidaire par la voix de Corinne Morel Darleux, dénonce depuis des semaines la situation de prise illégale d’intérêt dans laquelle Gilles Chabert, conseiller spécial délégué à la montagne de Laurent Wauquiez, pourrait se trouver.

Corinne Morel Darleux a listé un certain nombre d’éléments de soupçons dans une saisine au Procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénal et sur la base d’éléments rendus publics dans la presse.

Parmi les éléments relevés : une subvention de 20 000 € attribuée à l’association Montanea le 17 novembre 2016. Ce dossier a été instruit par la commission montagne du 10 novembre 2016 présidée par Gilles Chabert. Ce même Gilles Chabert est membre du bureau de l’association Montanea.

C’est un des éléments sur lesquels repose le soupçon de prise illégale d’intérêt dont a été saisi le Procureur.

Or aujourd’hui, Monique Cosson, présidente du groupe RCES et membre de la commission lycées, a découvert une délibération instruite ce jour par la commission lycées et soumise au vote le 27 mars 2017 proposant l’annulation de la subvention à Montanea du 17 novembre dernier pour mieux la redonner par l’intermédiaire de la commission lycées.

L’explication tient en une phrase : « Suite à une erreur matérielle, l’analyse du dossier a été différée pour parfaire l’instruction de la demande de subvention de l’association Montanea ».

Monique Cosson témoigne : « Cette délibération est tout à fait inhabituelle bien qu’elle soit présentée comme les autre.  J’ai été interpellée par le mot « Montanea » puisque l’on suit de près l’affaire de M. Chabert. Je me dis que ça ressemble fort à une réorientation en commission lycées pour éviter le conflit d’intérêt. »

Pour Corinne Morel Darleux : « Cela ressemble à un aveu. La position du président de la commission montagne est intenable. Il a déjà démissionné de son poste d’administrateur de la Compagnie des Alpes, maintenant il essaye de se dégager de l’instruction du dossier Montanea. Mais il reste président du syndicat national des moniteurs du ski français. Ce nouveau rebondissement ne fait que renforcer nos soupçons. Nous espérons que la justice pourra se saisir rapidement de cette affaire. C’est un soupçon de plus, de trop dans un contexte de scandales qui déshonorent la politique »