En Auvergne Rhône-Alpes, la destruction continue : la politique environnementale entre les mains des chasseurs

Le 22 septembre prochain, les élus régionaux d’Auvergne Rhône-Alpes auront à se prononcer sur une délibération qui accorde près de 3 millions d’€ de financement à la fédération régionale des chasseurs et leur délègue un certain nombre de missions d’application du schéma régional de cohérence environnemental (SRCE).

L’application du SRCE faisait en Rhône-Alpes l’objet d’une convention entre la fédération de chasseurs, la ligue protectrice des oiseaux et la fédération des associations de protection de la nature. Si les élus RCES reconnaissent les qualités d’observation et de recensement des chasseurs, ceux-ci ne peuvent être uniques pilotes de la politique environnementale régionale.

Ils se voient confier contre toute logique, la mission d’éducation à l’environnement, compétence jamais développée par les chasseurs, mais assurée depuis des années par la FRAPNA et le réseau GRAINE (100 000 élèves formés par an).

Alors que le début du mandat, le mot d’ordre est à la baisse drastique des budgets de fonctionnement, c’est aujourd’hui près de 750 000 € pour l’année 2016 qui vont être dépensés en fonctionnement et vers un destinataire unique alors que tant d’autres en sont privés.

Pour Fabienne Grébert, membre de la commission environnement : «  L’objet de la convention avec les chasseurs est la préservation de la biodiversité, l’éducation à l’environnement et le partage de l’espace. Autant de sujets sur lesquels sont à même de travailler des structures telles que la FRAPNA, la LPO, le réseau GRAINE… Depuis le début du mandat, ces structures perdent leurs subventions et sont obligées de licencier. Et aujourd’hui, la région devrait  débourser 3 millions d’euros pour un partenariat unilatéral avec la fédération des chasseurs. La préservation de l’environnement et de la biodiversité mérite mieux qu’une délégation de confiance absolue et onéreuse au lobby de la chasse. C’est à la région d’assumer son rôle de chef de fil en matière de préservation de l’environnement. Réfléchir à un partage des espaces naturels entre les différents acteurs dont les chasseurs, c’est oui, dépenser l’argent public pour faire la promotion de la pratique de la chasse, c’est non ! ».

Pour Monique Cosson, présidente du groupe « Cela va trop loin. C’est de la politique à la hache, avec large financement clientéliste des chasseurs ou des défenseurs de l’agriculture intensive et un assèchement de tous les protecteurs de la nature. Nous remettrons cette délibération en cause demain lors des commissions et le 22 septembre en assemblée plénière ».

Le communiqué en PDF