Quand le candidat Moroge fait campagne depuis l’hôtel de Région en finançant une école privée rétrograde.

La Région, par l’intermédiaire de la commission politique de la ville présidée par Jérôme Moroge, va financer à hauteur de 250 000 € l’école « Espérance banlieues » de la ville de Pierre Bénite – dont il est le Maire, et où il est candidat aux législatives.

Une subvention très conséquente pour la Région alors que les dépenses en politique de la ville ont été réduites de moitié depuis le début du mandat. Et une école très critiquable.

Les établissements « Espérance banlieues » servent de vitrine au camp ultraconservateur. Ce réseau d’écoles est hors contrat d’association avec l’Education Nationale. Elles remettent en cause les valeurs de diversité, d’ouverture de l’école républicaine publique et laïque.

L’organisation de ces établissements est digne d’avant 1905 : organisation des groupes d’enfants en « sizaine » sous l’autorité d’un plus grand, port de l’uniforme de couleur différente pour les garçons et les filles, salut quotidien du drapeau, chant de la Marseillaise la main sur le cœur, la remise de médailles.

Non seulement le modèle de ces établissements est rétrograde et autoritaire mais il se réclame d’un libéralisme sans borne. La principale revendication pour ces réseaux est la mise en place du « chèque éducation » : les parents reçoivent un chèque de l’État, correspondant au coût de l’éducation de leurs enfants. Ils peuvent l’utiliser pour régler les frais de scolarité dans l’école de leur choix. Cette revendication aurait pour principal effet de supprimer le service public d’éducation et de générer une ségrégation sociale accrue.

Les liens entre « Espérance banlieues » et les responsables politiques de la droite extrême ne sont plus à prouver. Dans leurs réseaux on trouve : Christine Boutin, Robert Ménard, Philippe De Villiers, ou encore François Fillon qui leur a rendu hommage en mars dernier lors d’une visite à Besançon.

Jérôme Moroge, Maire de Pierre-Bénite, Conseiller régional, et candidat aux législatives en est un de plus.

Pour Emilie Marche, élue du groupe RCES qui a repéré l’affaire : « Jérôme Moroge, candidat à la députation est en train de faire sa campagne sur un dossier nauséabond. Sur son site, l’école annonce avoir besoin de récolter 450 000 € pour financer ses travaux d’agrandissement et les frais de scolarité des élèves attendus. Eh bien voilà, grâce à Monsieur Moroge, plus de la moitié a été trouvée. La Région rejoindra les autres financeurs tels que La Rédemption Saint Joseph ou la Fondation Sainte Irénée présidée par le Cardinal Barbarin. Un mélange des genres douteux entre croyances religieuses et argent public. Le président de la commission politique de la ville ferait mieux de défendre la « bouture », association de lutte contre le décrochage scolaire en peine depuis l’arrivée de Wauquiez plutôt que d’arroser sa circonscription. »