CETA : entrée en vigueur d’un accord nuisible

Aujourd’hui, l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne (CETA) entre en vigueur à titre provisoire sur le territoire français.

Cette entrée en vigueur intervient après qu’un comité d’experts choisis par le Gouvernement pour évaluer l’accord a estimé « hasardeux » le bénéfice économique de l’accord et mis fortement en avant son aspect très défavorable pour l’environnement. C’est donc en toute connaissance de cause que le Gouvernement engage la France dans cette voie suicidaire.

Tafta, Tisa, Ceta : les élu-es RCES de la région Auvergne Rhône Alpes sont mobilisé-es depuis plusieurs années contre ces traités de libre-échange. Ils avaient même proposé, en vain, que la région se proclame « zone hors TAFTA et CETA » en 2016.

Cette entrée en vigueur, même provisoire, est un désastre pour notre santé, notre environnement, notre agriculture et l’emploi dans nos territoires.

Corinne Morel Darleux, élue RCES de la Drôme précise : « CETA, c’est la mise à mort de nos petits paysans et une sérieuse menace sur la santé publique. Sur fond de scandales alimentaires récurrents, et à l’heure où on découvre que Monsanto dicte ses rapports sur le glyphosate à l’Union européenne, le bon sens serait au contraire de renforcer en en France et en Europe les produits locaux, bios, respectueux du revenu paysan, de la santé et de l’environnement. Cet accord c’est tout l’inverse avec l’importation de produits du Canada où les normes sont moins exigeantes. On va donc importer des dizaines de milliers de tonnes de bœuf et de porc, bourrés d’antibiotiques ? Cela risque d’anéantir un peu plus la production locale  : les agriculteurs sont déjà victimes des prix bas agricoles et menacés par la fin des quotas européens, au lieu de les protéger, Emmanuel Macron les livre à la mondialisation et à une concurrence déloyale ! »

Jean-Charles Kohlhaas, élu du Rhône complète : « L’accord CETA représente un haut risque climatique. A l’heure où les effets dramatiques du changement climatique ne sont plus à prouver, le CETA, par la multiplication des échanges commerciaux, fera nécessairement croître les émissions de gaz à effet de serre transatlantiques. Totalement à rebours des déclarations de Messieurs Macron et Hulot sur l’urgence climatique, où est la cohérence ? »

C’est aujourd’hui la partie européenne qui entre en vigueur. Les élu-es RCES appellent le gouvernement Philippe à mettre en cohérence ses discours et ses actes, et les états européens à refuser la ratification des parties de l’accord relevant de leurs compétences.