Session du 17 novembre 2016 – Chronique de Myriam Laïdouni Denis : Bienvenue dans le monde merveilleux de W !

Des gentils policiers gladiateurs et des méchants délinquants, des caméras magiques qui sauvent les gens, des  « vaillants entrepreneurs »  et  « d’ infantiles bénéficiaires de l’assistanat »  sanctionnés pour « leur bien », et comme s’il suffisait de « dire » pour  « être » : du faux bio…. Voilà un aperçu du péplum hollywoodien  auquel nous avons assisté jeudi 17 novembre dans l’arène régionale…

Cette session sous le signe de la « sécurité » n’en fut pas rassurante pour autant… Entre la suppression des personnels dans les trains et les rêves de gosse « testostéronés » comme en témoigne le désir ardent de P. Meunier,  vice président « sécurité »,  de voir des hommes armés dans les rames, vous imaginez nos aspirations à la résistance.

Vous allez me dire  « mais que peuvent–ils faire dans cette galère ! » 

Et bien justement, notre présence est plus que jamais nécessaire. Car bien que n’étant que huit élus, nos interventions sont reprises dans les médias régionaux. C’est par exemple  le cas de Corinne Morel-Darleux intervenue huit fois pour démasquer l’imposture de la délibération dite « bio » pour laquelle nous avons été les seuls à voter contre, ou encore de ma prise de parole sur les délires sécuritaires entraînant la présence d’armes dans les TER .

Nos positions, fruit d’un travail commun avec les associations dont nous sommes l’écho, sont entendues par l’ensemble des élus et nourrissent le débat. Et même parfois, nous sommes suivis, comme lorsque notre amendement instituant un critère limitant les exportations agricoles a été accepté ! Une goutte d’eau dans l’océan, mais une goutte qui s’ajoute au reste de nos efforts. La transition écologique et sociale ne peut résulter d’un coup de baguette magique, aussi nous chargeons nos interventions des propositions concrètes issues de notre programme que ce soit par le biais du voeu pour la cop 22 porté par Emilie Marche,  le défi lancé par Fabienne Grebert pour que soit appliquée la charte des PNR,  le plaidoyer de Fatima Parret en faveur d’une formation professionnelle de qualité au service d’une société solidaire et fraternelle, le rappel par Andréa Kotarac de l’indispensable conditionnalité des aides publiques aux entreprises ou encore la démonstration factuelle de l’inefficacité de la vidéosurveillance par Monique Cosson. 

Et puis, il y a des petits moments de grâce porteurs d’espoir, signes que l’hypnose collective  n’opère pas complètement, que nous ne sommes pas isolés dans notre lucidité. Ainsi, le CESER, par la voix de sa présidente, a-t-il exprimé des critiques cinglantes face à l’opacité du débat d’orientation budgétaire, corroborant l’analyse de Jean-Charles Kohlhaas. Et pour le dessert,  petite cerise sur le gâteau, alors que L. W en maître d’école moralisateur demandait à la présidente du CESER d’exposer la suite du rapport, celle-ci lui rétorqua sèchement : « c’est ce que je viens de faire ».

Tartuffe va peu à peu être démasqué, et qui sait , après le grand carnaval, le printemps sera peut-être bien au rendez-vous ! En attendant, petits cailloux pointus, nous restons dans sa chaussure !