Commission permanente du 26 mai 2016 – Chronique de Fatima Parret

Fatima Parret-Bezli

Une Commission permanente chaotique

Par Fatima Bezli

Le mot est fort mais il n’est en aucun cas excessif. C’est bien un sentiment de chaos que j’ai ressentis tout au long de cette commission permanente du 26 mai 2016, au siège de l’hôtel de Région Clermontois.

Ce chaos a été certainement aussi fort car dans mon mandat précédent je n’ai jamais vécu un tel manque de respect envers des élus de la minorité, une telle cacophonie dans le déroulé des rapports que nous devions voter, un tel amateurisme avec plus de cinq rectificatifs dans des rapports proposés, avec un dernier rectificatif reçu la veille de la commission. Donc une impossibilité pour nous élus de voter en connaissance de cause. L’exemple de la maison d’Izieu qui perd 40 000 euros de financements, puis finalement 20 000 puis finalement 20 000 qui sont réinvestis sur un autre lieu de mémoire, n’est qu’un exemple parmi plusieurs rapports modifiés, retirés, et d’autres ajoutés au dernier moment…

A ces approximations et changements de dernière minute s’ajoutent des décisions de coupes budgétaires importantes d’un côté et de gros cadeaux faits à des proches de l’autre. Sans consultation, sans au moins une information préalable.

C’est comme ça qu’on a pu voir des manifestations motorisées bien arrosées alors qu’au même moment, des commissions ad hoc  ou comités consultatifs, qui permettaient des choix argumentés et partagés par des élus de toutes les sensibilités,  en amont des attributions de subventions, sont supprimées.

Un sentiment de chaos m’a envahi pendant ces deux heures de commission car il a été impossible, à nous, groupes d’opposition, d’expliquer nos votes. J’ai le souvenir d’avoir gardé ma main levée très longtemps, plusieurs fois, sans ne jamais avoir la parole. J’ai ressentis comme beaucoup d’élus un grand mépris de la part du président, qui a joué de l’humour pour faire passer la pilule. Non, il avait décidé qu’il ne devait perdre son temps avec des explications de vote.

Un chaos dans l’expression de nos votes également. A peine, le « oui » pour que nous puissions exprimer un vote « Pour » un rapport était prononcé, et à peine nous levions la main, le président avait déjà proposé le « non » pour le vote contre. A tel point qu’il a même dit qu’il ne trouvait pas idiot le fait de faire voter tous les rapports d’un coup. C’était de l’humour encore une fois, mais ça racontait une situation absurde qui était assez proche de la réalité.

Et je ne parle même pas des choix politiques dévastateurs pour de nombreuses structures que nous accompagnons depuis des années et qui ont fait leur preuve. Des emplois en péril, des projets stoppés le temps de la réflexion, et donc le vide total pour un temps indéterminé. Des subventions données au compte goutte. Des structures mises à mal, au nom du changement d’étiquette politique.

Le sentiment de chaos  dont je parle n’est même pas lié à ces choix dévastateurs et clientélistes de Wauquiez, non, il s’agit bien de sa méthode : Un président autocrate, qui n’épargne personne, qui ne respecte pas les élus, même ceux de son propre camp. Un président qui impose son pouvoir ostensiblement, et qui le démontre en privant sa minorité d’une parole légitime. Un homme qui décide seul, qui décide de tout.

Pire que ça, il a bien voulu donner la parole, parfois, par petite dose, et le plus souvent au groupe FN, avec lequel il a usé plusieurs fois de « mon cher ami », ou « ma chère amie » en s’adressant à certains de leurs élus. Des élus FN dont un qui a eu la parole une dizaine de minutes pour parler d’un sujet qui ne concernait pas la commission (un long discours sur la syntaxe du mot « cheffe ») alors que nous souhaitions porter de vrais sujets de débat, qu’il a préféré dénigrer.

Oui une Commission permanente chaotique où j’ai ressenti ce à quoi pouvait ressembler une dictature. Un véritable rouleau compresseur, qui écrase tout…Une instance où la démocratie a perdu tout sens.