Contrats aidés : les élus régionaux montent au créneau

En Auvergne Rhône-Alpes, 32 000 contrats aidés ont été signés en 2016. En 2017, seulement 20500 le seront. Cette baisse de 40% n’est qu’un début. Le Gouvernement a annoncé le gel des contrats aidés le 9 août dernier. Edouard Philippe a tranché : « Si les emplois aidés avaient été un instrument efficace de lutte durable contre le chômage, ça se serait vu » (sic).

Or, les contrats aidés font partie de l’arsenal de la politique de l’emploi depuis plus de trente ans maintenant. Une telle longévité serait surprenante s’ils étaient vraiment inefficaces.  Les contrats aidés rapprochent les personnes éloignées de l’emploi d’une vie professionnelle et permettent aux associations et collectivités de mener à bien leurs activités.

Cette annonce brutale a eu des effets dévastateurs dans notre région : les 23 emplois aidés d’Emmaüs Malby dans la Loire sont menacés, les enfants de Saint Jeure d’Ay en Ardèche n’ont plus de cantine ni de garderie, le collège du Vercors à Grenoble a perdu 3 surveillants alors qu’il se situe en zone prioritaire, l’espace social et culturel du diois accueillera moins d’enfants, le lycée professionnel Bouvet à Romans sur Isère a vu la disparition de 3 contrats aidés … Ces exemples se multiplient et les effets sont dramatiques.

Les élus régionaux du groupe du « Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire » ainsi que ceux du groupe du « Parti Radical de Gauche » vont monter au créneau ce vendredi au sein du Conseil Régional. Ils ont déposé un vœu afin que la Région intervienne auprès du Gouvernement pour stopper cette hémorragie.

Andréa Kotarac, élu RCES signataire du vœu s’explique : « C’est le plus grand plan social en France annoncé du jour au lendemain. C’est très brutal pour les associations et les collectivités. L’effet a été immédiat. De nombreux enfants dans la région sont sans mode de garde, tandis que les EPHAD manquent de personnel. Nous ne pouvons pas rester sans réagir. J’enjoins tous mes collègues élus régionaux à voter notre vœu. »

Monique Cosson, présidente du groupe RCES: « Derrière ces acronymes de type CUI-CAE, il y a des hommes et des femmes pour qui ces contrats représentent non seulement un revenu mais aussi une source de lien social et d’épanouissement. Cet arrêt brutal n’est pas digne. Le Conseil Régional, et son Président Laurent Wauquiez, doivent demander au Gouvernement de revoir sa copie. »

Est-ce que ce cri d’alarme sera entendu par les autres groupes du Conseil Régional ? Réponse vendredi soir …