Eau secours !

Et si on gardait l’eau pour les auvergnats et rhônalpins plutôt que pour les centrales nucléaires ?

Après un épisode caniculaire fin juin, la région Auvergne Rhône Alpes vient à nouveau d’être placée en vigilance orange. Les départements de l’Allier, de la Haute-Loire, de la Drôme et de l’Ardèche connaissent des restrictions d’eau : l’irrigation des cultures est limitée, le lavage des voitures et des bâtiments interdit, le prélèvement pour les plans d’eau de loisirs est impossible…

Nous le savons tous, les canicules vont se multiplier et la ressource en eau est de plus en plus rare. Ces mesures de restrictions en urgence sont compréhensibles et pour le long terme, il faudra mettre en place des politiques publiques économes en eau. Mais alors, dans ce contexte, pourquoi s’entêter dans le choix du nucléaire ? Selon la banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau, plus de la moitié des prélèvements d’eau en France servent au refroidissement des centrales nucléaires. En août 2018, 4 réacteurs (dont le Bugey et Saint Alban) ont fermé pour des raisons de sécurité. Aujourd’hui, 2 réacteurs ferment à la centrale du Golfech. Demain, les 14 réacteurs nucléaires peuvent être concernés…

Florence Cerbaï, élue régionale du Rassemblement citoyen écologiste et solidaire et riveraine de la centrale de Tricastin détaille : « Avec le dérèglement climatique, le débit moyen des cours d’eau devrait diminuer, de 10 à 40 % à l’horizon 2050-2070. Cela va forcément entrainer des conflits d’usage. Les centrales prélèvent des quantités astronomiques d’eau pour leur refroidissement. Quand les agriculteurs se privent, les centrales nucléaires prélèvent de l’eau et la rejettent plus chaude et chargée de substances chimiques dans les fleuves et rivières. On ne peut pas continuer à faire croire que le nucléaire est sûr. Le bouleversement climatique rend le nucléaire encore plus dangereux. Il est temps d’en sortir. »

Fabienne Grebert, élue RCES membre de la commission environnement renchérit : « Laurent Wauquiez nous a fait voter l’année dernière une stratégie environnementale pour faire de la Région Auvergne Rhône Alpes la 1ère région durable d’Europe. Dans ce texte on parle d’adaptation au changement climatique et de préservation de la ressource en eau. Mais on ne peut pas être une région durable avec 14 réacteurs nucléaires à refroidir chaque été. Il va falloir que l’exécutif régional se penche sérieusement sur le sujet. »