Emilie Marche critique la logique adéquationiste de l’exécutif régional en matière de formation

 

Former les privés d’emplois et les personnes éloignées de l’emploi dans l’objectif qu’il trouve un travail. Dis comme cela tout le monde ne peut être que pour car le chômage est bien le fléau de la fin du 20ème siècle et du début du 21ème. Mais en même temps, à la lecture de ce rapport nous ne pouvons vous rejoindre. Pour la formation professionnelle des chômeurs, vous entrez dans une logique adéquationniste tout comme le gouvernement. Il y a des offres d’emplois donc les chômeurs doivent se former dans ces secteurs, un peu comme traverser la rue. Certes comme vous le dites dans votre rapport, il y a en Auvergne-Rhône Alpes 66 000 offres d’emplois non pourvus pour 712 570 chômeurs recensés à pôle emploi ; quand on sait la radiation facile de pôle emploi on devine qu’il y en a beaucoup plus. Ce qui fait une offre d’emploi pour 1000 personnes à la recherche d’un emploi. Si les 66 000 offres trouvent un salarié, il restera encore dans notre région 646 7570 chômeurs. Ce résonnement ne résout en rien la problématique du chômage de masse. Il ne fait que culpabiliser les chômeurs en disant : « regardez, il y a des emplois, il suffit de traverser la rue ». Alors que vous oubliez complètement dans ce rapport les emplois de demain, les emplois de la transition énergétique où il y a un grand besoin de formation pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain.

Comme vous en avez l’habitude depuis de nombreuses années, M. le président, vous culpabilisez ces personnes, après les demandeurs du RSA qui sont des assistés, les droits et devoirs des demandeurs du RSA et maintenant voilà que dans le cadre des formations professionnelles, les stagiaires devront suivre un module « Cours de citoyenneté et valeur de la République » comme s’il en avait besoin, comme si on ne pouvait pas être au chômage et être citoyen. A cela vous rajoutez une charte des droits et devoirs des personnes suivant une formation. Ce règlement qui impose que, si après la formation, on obtient un contrat de plus de 3 mois, on a droit à une prime de 500 euros. Quand on sait que plus de 80% des embauches actuelles sont des contrats courts de moins d’un mois cela va être un autre parcours du combattant pour l’obtenir.

« Devoir, devoir », par contre pendant la formation peu d’aide pour réduire les coûts comme la gratuité des transports en commun pour les personnes suivant une formation. Enfin après avoir enlevé les dispositifs en début de mandat faisant travailler l’ensemble des acteurs vous mettez un conseiller régional référent par territoire, évidement nous n’avons pas cette liste mais c’est quand même très peu comme moyens, il faut mettre en synergie l’ensemble des acteurs. Aussi, il faut dépenser les crédits car la formation professionnelle est la grande perdante de votre mandat à la tête de la région : 60 millions d’euros non dépensés.

Vous l’aurez compris nous sommes pour un plan stratégique pour l’emploi-formation en Auvergne-Rhône-Alpes mais pas avec votre logique adéquationniste qui culpabilise les demandeurs d’emploi. Nous voulons un plan qui répond aux enjeux du chômage de masse et qui répond à l’intérêt général.