Pourquoi la gestion de l’apprentissage doit rester aux régions

Ce vendredi 27 avril, le texte de la réforme de l’apprentissage est présenté en conseil des ministres. Le projet de loi prévoit de confier aux branches professionnelles la responsabilité d’ouvrir ou de fermer les centres de formation des apprentis mais aussi les sections dans les CFA existants. Jusqu’à présent, les Régions construisaient les cartes de l’apprentissage, tout comme celles de la formation professionnelle initiale, dans une logique d’aménagement équilibré des territoires. Elles ont jusqu’alors veillé à ce que l’offre de formation soit diversifiée, accessible à tous, au plus près des besoins des habitants.

Ainsi, ce projet ne représente ni plus, ni moins que la libéralisation de l’apprentissage. Cela fait écho aux réformes actuelles. L’apprentissage va rejoindre la longue liste des domaines qui seront désormais guidés par les intérêts privés. Cela est le signe avant-coureur de la fin du service public de la formation.

Les élus régionaux du Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire se prononcent contre cette réforme et appellent les députés à défendre la gestion de l’apprentissage par les Régions.

Fatima Parret, élue RCES membre de la commission formation explique : « Nous avons toujours défendu un système où les Régions portent un véritable service public de la formation tout au long de la vie, en s’appuyant sur leurs compétences en matière de formation professionnelle initiale, d’apprentissage et de formation continue. Ainsi, elles contribuent à l’égalité des droits à la formation, tout comme elles agissent pour l’égalité d’accès à l’offre dans les territoires. Cette réforme vient remettre en cause cet équilibre et créera inévitablement des inégalités entre les branches et les apprentis. Les plus petites branches et les publics les plus éloignés seront laissés sur le carreau. »

Monique Cosson, présidente du groupe RCES complète : « L’exécutif régional est monté au créneau contre la réforme, mais on peut déplorer qu’en Auvergne Rhône Alpes, depuis l’arrivée de Wauquiez, un certain nombre de CFA se retrouvent en grandes difficultés financière du fait du manque de dialogue de gestion dont la Région doit être partie prenante. Les grands discours, c’est bien, mais il faut assurer derrière. »