Intervention de Corinne Morel Darleux : nous n’accordons pas notre confiance à l’exécutif

 

Monsieur Le Président,

Comme le 4 janvier 2016, nous allons voter contre la liste de Vice-Président-e-s que vous nous présentez.

Ce n’est pas un vote de posture. Je vous assure que nous essayons de toutes nos forces d’envisager vos actions sans a priori, de nous montrer ouverts, rationnels, et disons… « constructifs ». Puisqu’il paraît que c’est à la mode en ce moment.

Malheureusement, on ne peut pas dire que vous nous y aidiez : la politique menée jusqu’à présent, et la manière dont elle est menée nous empêchent de vous accorder ce vote de confiance.

Nous avons travaillé avec sérieux chaque dossier, nous avons argumenté sur le fond, et expliqué en quoi vos orientations nous menaient dans le mur. Préférer les autoroutes aux trains, les canons à neige à la montagne des 4 saisons, la FNSEA aux paysans, les caméras à la présence humaine, préférer vos réseaux à l’intérêt général, sont autant de partis pris idéologiques, Monsieur le président, qui illustrent une conception dépassée de l’action publique, et une utilisation erronée de l’argent public.

L’heure est à développer une économie au service des besoins humains, à anticiper les changements climatiques et les métiers de la transition énergétique, à faire travailler ensemble acteurs, élus et citoyens au niveau local. Vous faites tout le contraire.

Au-delà de ces désaccords de fond, nous ne pouvons ignorer la manière dont cette région est gérée.

En premier lieu, l’hyper-présidentialisme de la cinquième République semble avoir contaminé notre collectivité. On vote aujourd’hui pour un exécutif, mais il n’y a qu’un chef à la Région et tout le monde l’a bien compris. A tel point que notre calendrier et les sujets traités en Assemblée Plénière s’accordent parfaitement avec le calendrier « Les républicains » et les thèmes de campagne de son futur Président.

En lieu et place d’une politique menée par le peuple et pour le peuple, à la Région on teste une politique menée par le Président de Région, et pour le Président de Région. Et le destin de celui-ci étant national, on n’est pas à deux ou trois approximations près pour s’adresser, au-delà de la Région, à tous les français.

C’est ainsi qu’on devient la seule Région de France qui se targue de ne pas avoir augmenté l’impôt. Normal quand on sait qu’elle ne le prélève pas.

La seule Région également à avoir imposé, contre l’avis du Préfet, la discriminatoire « Clause Molière », qui ne rentre pourtant dans aucune de nos compétences.

Le destin national du Président de Région ne doit pas conduire la Région à oublier qu’elle est avant tout… régionale.

A cela s’ajoutent les soupçons de prise illégale d’intérêts qui pèsent sur certains membres de la majorité, ou de libertés, disons, prises avec certaines procédures : des questions restent ainsi sans réponse autour des 500 000 € dépensés pour des places lors d’un match de tennis ou des 400 000 € attribués à la société work4 pour une plateforme sur Facebook. Près d’un million d’euros d’argent régional qui n’ont pas été soumis à l’avis des conseillers régionaux.

Bref, vous comprendrez qu’il est difficile pour nous de vous accorder notre confiance. Néanmoins, et dans un esprit constructif, nous souhaitons bon courage au nouvel exécutif.