Intervention de Fatima Parret sur le campus de l’aéronautique

Mes chers collègues,

Difficile de se prononcer sur ce rapport. La communication autour nous laisse penser que l’on vote un texte cadre et adapté aux enjeux du 21ème siècle pour les formations aux métiers de demain. Ce n’est pas exactement ça.

Ce rapport d’assemblée plénière nous renvoie directement à la commission permanente. Ça commence à devenir une habitude. Si toutes les politiques régionales sont décidées en commission permanente, alors on se demande pourquoi faire des assemblées plénières aussi longues. Ah oui, pardon, il faut prendre connaissance des rapports de la cour des comptes et de la CRC…

Premièrement, on nous propose de labelliser des formations déjà existantes dans notre région. Les organismes de formation seront obligés de mettre leurs supports de communication aux couleurs de la Région. Là aussi, c’est une habitude. On voit le logo de la Région fleurir partout : sur les panneaux à l’entrée des communes bien sûr, mais aussi sur les tabliers des lycéens, les musiciens des fanfares, ou encore les étalages de nos marchés. Demain donc sur les supports des organismes de formations. On s’attend à le voir très vite sur les avions eux-mêmes.

La deuxième partie de ce rapport propose un partenariat avec le groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales. Là, on est encore plus mesurés. Le nombre affiché de 7,8 milliards de passagers aériens en 2036 est de la pure folie. Rappelons que l’avion est le mode déplacement le plus polluant.

Vous affichez, dans le rapport d’orientation budgétaire, l’objectif de faire d’Auvergne Rhône Alpes une Région décarbonée à horizon 2050. Ce n’est pas compatible avec de le développement et la croissance du trafic aérien. Pour une mobilité décarbonée, même de longue distance, le train reste toujours notre meilleur allié. Est-ce à dire qu’il ne faut pas travailler avec les industriels de l’aéronautique ? Pas forcément. Certains d’entre eux misent sur la recherche et ont pour ambition de réduire de 50% leurs émissions de CO2. Ce n’est pas dans les objectifs de ce fameux campus de formation. L’enjeu climatique n’apparait nulle part. Nous voterons contre cette délibération.