Intervention de Fatima Parret : des devoirs et encore des devoirs pour les bénéficiaires du RSA

Voilà enfin un rapport sur la formation professionnelle. 

Cette grande oubliée de votre première année de mandat. 

Accompagner les bénéficiaires du RSA pour sortir de l’inactivité …

Evidement que nous sommes pour…

Oui pour donner une perspective à ceux qui n’en ont plus,

Redonner l’envie, redonner une chance,

Celle de trouver un travail, une activité, de la dignité …

Oui, sortir de chez soi, rencontrer les autres, se créer des contacts, être utile, c’est de la dignité.

Evidemment que notre groupe soutient toute expérimentation qui va dans le sens de ceux qui restent en marge de notre société.

Soutenir par la formation avec un avantage financier nous paraît une bonne chose.

En auvergne d’ailleurs, sous la majorité de gauche précédente, nous l’avons expérimenté… nous avons d’ailleurs le rapport 1319 à voter en commission permanente qui fait part du travail mené dans le mandat précédent avec deux départements auvergnats…

Donc donner un avantage financier aux bénéficiaires du RSA qui se forment ça existe, et vous n’êtes pas le premier à le proposer… ça peut donc être généralisé en l’état. 

Mais la vraie nouveauté et la seule avec ce rapport, concerne les nouveaux devoirs que vous leur imposez. 

Je ne souhaite pas m’attarder sur les métiers en tension que vous leur proposez avec des conditions de travail difficiles (heures au compte gouttes, mal payés, assez physiques), mais je m’inquiète des problèmes tels que les déplacements qui pourront se poser sérieusement. Et je crains fortement cette logique adequationniste, qui essaye de faire rentrer des ronds dans des carrés, forcément synonyme d’échec.

Allez-vous obliger un maçon déclaré inapte, cassé par les conditions de travail, à reprendre la chaîne dans une industrie agro-alimentaire ? Allez-vous obliger un cadre supérieur de plus de 50 ans à suivre une formation d’agent de propreté ? ….

Lancer des bénéficiaires du RSA non préparés dans ce type de formations, sans prendre en compte ni la diversité de leur parcours, ni les freins qu’ils rencontrent pour accéder à l’emploi, montre à la fois votre méconnaissance de ce public mais aussi votre ignorance des échecs qui les attendent.

En fait, avec cette délibération, vous leur octroyez de nouvelles sanctions : deux ans sans pouvoir se former, suspension du RSA, fin des réductions pour les transports…

Ceux que vous appelez les assistés n’ont qu’à bien se tenir…ces profiteurs, feignants, n’ont pas le droit à l’échec. 

Sinon ils le payeront très cher.

Vous sonnez la fin de la récréation, pas pour les plus privilégiés. Non, comme d’habitude, vous vous attaquez aux plus faibles d’entre nous…

Il y a ceux qui pensent qu’un pain au chocolat coûte 15 centimes…

Il y a ceux qui croient qu’être au RSA est un privilège …

Dans les deux cas, on a la preuve que nos grands élus ne savent plus grande chose de la réalité.