Intervention de Myriam Laïdouni Denis sur la charte éthique des élus

Mesdames et Messieurs,

Remettre de l’éthique est essentiel dans ce contexte de fort taux d’abstention, de perte de confiance dans la politique. Nous nous félicitons donc de l’existence d’une charte, car jusqu’à présent le mandat ne se caractérise pas vraiment par l’exemplarité et l’éthique.

Petit rappel : tous les conseillers régionaux ont vu leur train de vie baisser, sauf quelques-uns… tous les élus sont égaux, mais visiblement certains sont plus égaux que d’autres.

Vous invitez au respect des élus, alors que des membres de l’exécutif parlent de « cancer de la société » pour définir le RSA, qualifient les écologistes de « khmers verts » alors que la parole est coupée brutalement dans l’hémicycle, tandis qu’à la tribune elle est interminable…

Où est le « respect » ? Tout cela relève davantage de pratiques méprisantes et anti démocratiques.

Vous parlez d’assiduité, nous aimerions déjà que les VP soient présents en commissions, pour que nos questions ne restent pas sans réponse.

Quant aux recrutements de complaisance et conflits d’intérêts, ils ne se limitent pas à ce que vous citez… Allons plus loin : cumul des mandats, Droit d’Initiative Citoyenne, transparence… c’est l’objet de notre amendement.

Enfin, la parole du président de Région engage le Conseil Régional, le président s’exprime au nom du Conseil Régional. Combien de fois les membres de cette assemblée ont-ils découvert des prises de positions ou décisions sans qu’il n’y ait eu de débat, de concertation, au sein de l’assemblée ?

La dernière en date sur les réfugiés est aussi monstrueuse qu’indécente :

L’accueil de ces gens qui fuient la guerre et la mort est inscrit dans notre constitution. Les accueillir n’est pas une option, mais une obligation tant morale que légale. Nul ne peut s’y soustraire, car nul n’est au dessus des lois.

Alors plutôt que de rejeter ces familles à la mer, le conseil régional par la voix de son président devrait plutôt retrouver le sens de l’exemplarité comme le font les collectivités du « réseau de villes-refuges » lancé par Barcelone et Madrid, rejoint entre autres par Grenoble.

Car au même titre que l’habit ne fait pas le moine, une charte éthique surtout dépourvue d’engagement, ne saurait suffire à rendre exemplaire le respect de la liberté, de l’égalité et surtout de la fraternité.