Intervention d’Emilie Marche : pas de subvention idéologique pour l’UNI !

M. le président. Pendant votre campagne électorale, vous avez déclaré à plusieurs reprises vouloir en finir avec le dogmatisme et les pratiques clientélistes. Et voila qu’à peine entré en fonction, vous faites usages de l’argent du contribuable pour entretenir grassement vos amis politiques.

Vous nous demandez donc d’attribuer une subvention de 50.000 € à l’Union nationale inter-
universitaire, plus connue sous le nom d’UNI. Cette subvention est donc prévue au budget et dans le corps du rapport déjà intégré aux rapports de la CP de demain, vous évoquez une modeste « association indépendante qui rassemble des lycéens, des étudiants, des enseignant des acteurs socioprofessionnels ». Mais quand on creuse un peu le sujet, on se rend vite compte que l’UNI, c’est bien plus que cela. Rappelons que cette organisation a été fondée en 1962 en affichant l’objectif, je cite, de « regrouper tous ceux qui entendent soustraire l’éducation nationale à l’emprise communiste et gauchiste et défendre la liberté en luttant contre toutes les formes de subversion ». Car l’UNI affirme clairement son appartenance à la droite. Je tiens à votre disposition plusieurs affiches issues de ce mouvement, où l’on voit notamment écrit : « dans les facs, la droite c’est l’UNI », « gauche au volant, faillite au tournant » ; Une petite visite sur le site internet de l’UNI suffit à se convaincre du caractère éminemment politique de cette association, qui, lorsqu’on clique sur l’onglet « présentation », se vante de vouloir, je cite encore une fois, « proposer une alternative pour la jeunesse face à la gauche ».

Mais l’UNI ne se contente pas d’afficher sans complexe des orientations idéologiques clairement affirmées. Elle est aussi intimement liée à votre parti, M. le président. Dans un article du Figaro, organe gauchiste comme chacun sait, daté du 30 mars, on apprend notamment que « La Droite forte, l’Uni et Sens commun s’unissent pour peser sur la primaire » du parti Les Républicains.

Mais au-delà du caractère éminemment partisan de votre démarche, le contenu de votre délibération pose question. 50.000 € pour organiser des petits-déjeuners, faire visiter des entreprises et réaliser un site Internet ? Quand on sait qu’un site Internet correct coûte dans les 2000€ et que l’on connait le prix moyen du croissant ou du pain au chocolat en boulangerie, le moins que l’on puisse dire c’est que l’UNI a des goûts de luxe !

Bref, personne n’est dupe, par ce rapport, vous ne faites rien d’autre que détourner l’argent public pour rémunérer vos amis politiques. Et quand en commission on pause la question sur le suivi de l’action, il nous est rétorqué que c’est au service de suivre et pas à la commission. C’est absolument scandaleux quand on sait que dans le même temps, vous vous livrez à des coupes sombres dans les budgets des subventions aux associations que vous tuez les CDDRA. Plutôt que de cautionner vos pratiques clientélistes, nous proposons aux conseillers régionaux de supprimer le financement de 50.000 euros en crédits de paiement dans le chapitre 932, rubrique 3, article 657.