Intervention Myriam Laïdouni Denis sur la délibération culture

 

« Une politique culturelle pour tous », voilà une belle formulation dont nous partageons les ambitions.  Mais voilà, dans les faits, depuis le début du mandat, les décisions de la majorité sont aux antipodes de ce qui est affiché dans ce texte.

Ce n’est pas la culture au service de tous mais au service des intérêts de la famille politique de l’exécutif et de ses amis.

Deux exemples pour illustrer ce propos :

  • D’abord il y a une instrumentalisation de la culture d’une part pour soutenir les proches de la majorité et de l’autre pour affaiblir ses adversaires politiques : ainsi, dès le début du mandat, alors que beaucoup de structures faisaient face à un silence assourdissant de la part de la Région, le festival de « Jazz à Vienne » présidé par Mr Kovacs conseiller régional LR voyait sa subvention doubler passant de 75000€ à 150000€ !
  • Dans le même temps, alors que Mme la Vice-Présidente avait assuré qu’aucune décision ne mettrait en péril une structure, la Région par son désengagement brutal en condamnait certaines à la liquidation. Ce fut le cas pour « le Ciel » à Grenoble.

Par ailleurs, la majorité mue par son appétit à séduire ses cousins d’extrême droite, a tendance à confondre « Culture pour tous » et « Manif pour tous ».  Ainsi, les festivals LGBT dont « Face à Face » et « Ecrans Mixte » ont-ils fait les frais de cette complicité de provocation à la discrimination, avec la suppression complète de leurs subventions. Vu les montants de ces subventions 5000€ et 3000€, la décision est bien politique et non budgétaire !

Ne s’agit-il pas là de l’instauration du clientélisme comme mode de fonctionnement ?  Un clientélisme que favorise La nouvelle politique de soutien consacrée majoritairement au financement de projet au détriment du soutien au fonctionnement. Alors que ce dernier, lui garantit non seulement la pérennité des structures culturelles mais aussi leur liberté artistique.

Au regard de cet exposé, comment croire en la sincérité de cette délibération, alors même que les moyens de sa mise en œuvre ont été mis à mal ? Faut-il rappeler le douloureux régime subit par la Nacre et feu le Transfo ?

Les objectifs de cette délibération sont ambitieux et souhaitables, mais dépourvue de toute mesure garantissant leurs concrétisations, elle fait figure de jolie coquille vide.

Alors de même qu’ « Il est de faux dévots ainsi que de faux braves » dixit Cléante dans Tartuffe, est-il  de fausse délibération ainsi que  de fausses intentions ?

Dans le doute, à moins que nos amendements ne soient acceptés, nous voterons contre cette délibération.