Jean-Charles Kohlhaas : « Ce rapport d’orientations budgétaires est brillant…, brillant d’opacité et d’imprécision »

https://youtu.be/TbK0hgJys0A

Ce rapport d’orientations budgétaires est brillant…, brillant d’opacité et d’imprécision :

  • 19 pages pour les orientations budgétaires de notre grande collectivité, c’est particulièrement parcimonieux. La preuve, sans doute, de vos économies…
  • des économies, justement, vous dites en avoir fait 75 M € en 2016. Il est clair que vous pouvez surtout remercier la gestion désastreuse de la direction de la SNCF et les cheminots grévistes. Ils vous auront permis de faire près d’un tiers de ces économies.
  • vous en prévoyez, à nouveau, 75M € en 2017. Dans ce rapport, seuls 2,5 M € sont fléchés. Aucune indication sur les 72,5M € restant à trouver ! Il ne vous reste qu’à espérer une grève deux fois plus longue des cheminots …
  • vous vous contentez d’une présentation factuelle de nos ressources humaines, sans orientation. Cela doit participer sans doute au sentiment de mépris regretté par les organisations professionnelles.
  • vous évoquez un plan d’investissement ambitieux :
    • 170M€ de plus pour les routes, là c’est assez précis… mais pour le reste, en transport, le matériel ferroviaire déjà commandé avant et pour les petites lignes, dont on parle souvent… rien
    • la sécurisation des lycées, la vidéo surveillance dans les gares, le très haut débit, mais… sans aucune précision.
    • les contrats territoriaux, l’aide à l’investissement des entreprises, mais… toujours sans précision.

Pour toutes ces orientations, qui intéressent les habitants, nous aurions aimé avoir des informations. Avouez que pour un débat d’orientation, c’est particulièrement nébuleux ! Le CESER avec ses précautions habituelles « déplore qu’aucune orientation stratégique ni aucune priorisation ne soit développée sur les différentes politiques régionales »…

Ce rapport est aussi particulièrement brillant en matière de rabâchage : plus de la moitié de son contenu se trouvait déjà dans celui de l’année dernière. C’est vrai que 6 pages sur 19, pour critiquer encore et encore la gestion précédente…, vous radotez ! Il serait temps de vous tourner vers l’avenir… et d’arrêter de dépenser tant d’énergie à critiquer le passé…, qui est critiquable certes, ce n’est pas moi qui vais vous dire le contraire, mais vous savez que tout ce qui est excessif est insignifiant.

Ce rapport est aussi brillant en matière de filouterie intellectuelle. Il y est écrit : « la Région continue à baisser les impôts » ! Alors que l’alignement vers le bas des cartes grises, décidé l’année dernière ne s’applique qu’au 1er janvier 2017… c’est la même et seule mesure, que vous répétez, pour donner l’impression de la continuité !

Ce rapport est brillant pour faire dire aux chiffres n’importe quoi : le compte TER Rhône-Alpes n’a pas augmenté de 40% entre 2005 et 2015. En réalité c’est 25% en 11 ans, soit moins de 2% par an. C’est encore trop, je vous le concède. Mais les tarifs des transports que vous nous proposez de majorer tout à l’heure, augmentent encore plus. C’est sans doute de cette façon que vous proclamez « rendre l’argent au habitants ».

Alors, plutôt que brillant, ce rapport d’orientation budgétaire est indigent, miséreux, besogneux. Il ne permet pas d’avoir un débat d’orientations politiques de fond. Orientations sur lesquelles nous pourrions être en désaccord et peut-être parfois en convergence…

 

Vous ne cessez de répéter : « investissements, investissements… », à en devenir redondant. Je vais vous faire une confidence. Nous sommes profondément convaincus que la Région pourrait jouer un rôle déterminant en matière d’investissement d’avenir. Parce que dans notre monde en mutation, si on veut se tourner vers l’avenir alors on se doit d’accompagner la transition énergétique, de maintenir et de développer des services publics dans les territoires, de sauvegarder les biens communs dans l’intérêt général… dans l’intérêt de chacun d’entre nous.

Au lieu de cela vous nous proposez des projets du passé, qui ont bien 50 ans d’âge, ou qui répondent à quelques intérêts particuliers.

Certains de nos concitoyens ont rêvé d’un « nouveau souffle », ils ont hérité d’un projet suranné et clientéliste !