Lettre à François Hollande : la France ne peut pas fermer les yeux sur la situation des travailleurs coréens !

Vendredi 16 décembre 2016, des élu-e-s* du groupe du Rassemblement Citoyen Ecologiste et solidaire ont rencontré une délégation de travailleurs, familles de victimes et syndicalistes sud-coréens de SGS (syndicat général du groupe Samsung).

Ces travailleurs dédient leur vie à la reconnaissance des Droits de l’Homme et des Droits Fondamentaux du Travail chez Samsung et dans ses filiales. Ils ont livré un récit accablant sur leurs conditions de travail et les pressions qu’ils subissent. Ils ont décidé de faire une tournée en Europe pour faire appel à la solidarité internationale et rappeler le gouvernement coréen à la protection des travailleurs du conglomérat corrupteur.

Suite à cette rencontre, les élu-e-s régionaux du groupe RCES ont décidé d’interpeller en France et adressent ce jour un courrier au Président de la République François Hollande ainsi qu’un courrier à l’ambassadeur de France en Corée du Sud.

Cette interpellation arrive en même temps que l’action des associations Sherpa et Indecosa (l’association de consommateurs de la CGT) qui citent Samsung à comparaître devant le tribunal de Bobigny.

Fabienne Grébert explique : « Malgré la reconnaissance dans la constitution coréenne du droit de se syndiquer, l’entreprise Samsung se considère au dessus des lois et refuse ce droit à ses salariés. Ceux qui tentent de braver l’interdit sont mis sur écoute, font l’objet de répression et de surveillances arbitraires, voire de sanctions pénales avec la complicité d’une partie corrompue de la justice. De plus, en dépit de toute règle élémentaire de santé et de sécurité au travail, Samsung refuse d’informer les salariés sur les substances radioactives et produits chimiques toxiques (benzène, acides, …) qu’elle utilise pour la fabrication des objets électroniques et sur les mesures de précaution à prendre. Ces produits provoquent chez ceux qui les manipulent des leucémies que l’entreprise sud-coréenne refuse de reconnaître comme maladie professionnelle. »

Corinne Morel Darleux conclut : « Nous ne pouvons pas rester sans rien faire face à ces témoignages qui nous rappellent ce que militer et résister veut dire dans certains pays, au risque de sa liberté. En Auvergne Rhône-Alpes, nous nous battons pour que les aides aux entreprises soient conditionnées -entre autres- au respect des salariés. De nombreuses personnes en France utilisent des appareils Samsung sans savoir le prix que payent ceux qui les produisent à l’autre bout du monde, jusqu’à leur vie. Nous attendons du Président Hollande qu’il intervienne auprès de son homologue sud-coréen pour le respect du droit syndical chez Samsung et la protection des salariés ainsi que la reconnaissance de la leucémie comme maladie professionnelle et la mise en place de mesures de santé et de sécurité au travail. »

* Ont participé à cette rencontre : Fabienne Grébert, Andréa Kotarac, Myriam Laïdouni Denis, Corinne Morel Darleux et Emilie Marche

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