Lettre ouverte à l’autorité de sûreté du nucléaire

Lyon le 16 mars 2018,

« 45ème jour de grève sur le site nucléaire de Romans-sur-Isère, la sécurité du site et des populations riveraines ne sont plus assurées »

 

En tant que conseillères régionales Auvergne Rhône Alpes, et citoyens de la région la plus nucléarisée d’Europe, nous vous interpellons sur la situation très préoccupante du site de Romans sur Isère.

Ce site de l’industrie nucléaire situé sur la commune de Romans-sur-Isère regroupe les usines de production de deux sociétés spécialisées dans la fabrication d’assemblages combustibles destinés aux réacteurs électronucléaires.

Situé à 20km de Valence, le site représente un danger potentiel pour les populations alentours. Vous avez d’ailleurs mis en place un PPI autour de ce site : un plan d’urgence qui guide l’action des pouvoirs publics pour la gestion d’une crise radiologique et chimique. En cas d’incident, les populations situées dans la zone PPI de 600 m doivent se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur et à l’écoute de la radio. La dernière alerte est récente puisqu’elle remonte à novembre 2017.

La gestion du site pose question. La cour d’appel de Grenoble a même retenu en mai 2017 cinq fautes civiles portant sur des manquements aux règles de sûreté et de sécurité relatives au conditionnement, transport et entreposage des matières dangereuses, aux dispositions pour s’assurer des compétences et de la formation des personnels et aux contrôles des activités sensibles.

Depuis lors, vous avez recommandé qu’une entreprise indépendante fasse un double contrôle.

Aujourd’hui, cela fait 45 jours que les salariés de l’entreprise Nuvia Support, sous-traitant du nucléaire, sont en grève. Ils demandent à être reconnus comme techniciens et pas seulement agents logistiques. Ils demandent un renfort de personnel. Ils sont actuellement, six en poste alors qu’au début du contrat qui lie Framatome à Nuvia, ils étaient neuf. Ils sont donc six à effectuer le travail de neuf personnes, entraînant un allongement de la durée hebdomadaire de travail pouvant atteindre 48 heures. Ils effectuent eux même le double contrôle. Ces salariés « sous-traitants$» sont exposés aux mêmes risques de contamination que leurs collègues salariés de Framatome mais ne bénéficient pas du même suivi médical. Leurs revendications sont légitimes, elles doivent être entendues.

Aujourd’hui, l’obstination silencieuse de la direction de Nuvia Support met en danger les populations riveraines du site. Le double contrôle n’est plus assuré par une entreprise indépendante. Nous vous demandons de prendre vos responsabilités et de fermer le site en attendant que les revendications des salariés puissent être satisfaites.

 

Corinne Morel Darleux (Drôme), Florence Cerbaï (Ardèche), Emilie Marche (Isère), Fabienne Grebert (Haute Savoie, commission environnement), Conseillères régionales, Auvergne Rhône Alpes

Gilles Reynaud, Président de « ma zone contrôlée »