Quand nier l’évidence met la santé des habitants en danger

 

 Lors d’une réunion de travail sur la qualité de l’air entre les services de l’Etat, la Région et les parlementaires, les phrases suivantes ont été prononcées :

«  La situation en matière de pollution n’est pas aussi catastrophique que l’on veut bien le dire »

« La vallée de l’Arve, ce n’est pas la vallée de la mort mais bien celle de la vie économique et du développement »

« On ne peut pas en déduire que les personnes meurent plus vite à cause de la pollution. Si lien il y a, il doit être démontré par des spécialistes. »

On se demande bien pourquoi organiser une réunion de travail sur le sujet pour mettre autant d’énergie à nier une évidence. Ca en serait risible si notre santé et celles de nos enfants n’étaient pas en danger.

En effet, quoiqu’en pensent ces messieurs, le lien entre la pollution de l’air et la réduction de l’espérance de vie est démontré. Selon l’agence de Santé Publique France, la pollution atmosphérique serait à l’origine de 48 000 décès prématurés en France par an et deviendrait ainsi la 3ème cause de mortalité. La Haute-Savoie déplore près de 140 morts chaque année et sur le grand Annecy, c’est 7 décès et 24 hospitalisations pour causes respiratoires et cardiaques qui pourraient être évités par exposition à court terme à la pollution – source INVS.

Les propos rapportés par le Dauphiné Libéré sont donc graves et démontrent un grand manque de discernement. Ils ne peuvent que nous inquiéter quant au manque d’ambition des futures mesures en la matière.

L’annonce d’une conférence publique sur la qualité de l’air est une bonne chose, mais le calendrier cloche. Pourquoi attendre l’automne alors que l’urgence est quotidienne ? Notre santé n’a que faire du calendrier électoral 2017…

On ne peut que saluer les engagements des uns et des autres sur le fonds air-bois mais pourquoi se limiter à 35 % des enjeux alors qu’on pourrait en traiter 70% en s’attaquant aux transports.

Nous demandons donc un moratoire sur le plan route du Département.

La réduction de la pollution atmosphérique et donc l’amélioration de la santé de tous passe inévitablement par un investissement massif dans les transports en commun, le fret ferroviaire et l’abandon du tout routier.

Les solutions existent ; elles coûtent quelques fois moins chères que les propositions présentées par les collectivités territoriales. De nombreux experts et les associations ont émis bon nombre de propositions et partout en Europe les expériences positives se développent. Annecy est aujourd’hui une des dernières villes de plus de 200 000 habitants à ne pas être dotée de réseau de tramway.

Nous adhérons aux propositions mentionnées par le collectif citoyen à l’origine d’une pétition pour la qualité de l’air en Haute-Savoie et nous invitons tous les citoyens à manifester leur soutien à ses propositions.

https://www.change.org/p/pierre-lambert-pr%C3%A9fet-de-haute-savoie-pollution-de-l-air-des-actions-fortes-en-hte-savoie

 

Nora  Segaud-Labidi, Maire de Cran Gevrier ,

Fabienne Grebert, Conseillère Régionale,

François Astorg, Jean Boutry et Jean-Jacques Pasquier,  Conseillers Communautaires du Grand Annecy,

Alain Germani et Annette Perrier, Conseillers Municipaux d’Annecy et

Bénédicte Serrate, Conseillère Municipale d’Annecy le Vieux