Nouveaux réacteurs nucléaires à Tricastin : quand 33 élus locaux perdent la raison

Alors que dans un mois, nous vivrons le dixième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, 33 élus locaux français, notamment de Drôme et d’Ardèche réclament l’implantation de deux réacteurs EPR sur le site du Tricastin.
Dans une tribune, ils estiment que l’implantation de deux nouveaux réacteurs sur ce territoire permettrait de « répondre aux enjeux nationaux d’énergie, aux exigences environnementales et aux savoir-faire de nos bassins de vie ».
Pour les élues régionales du Rassemblement citoyen écologiste et solidaire, c’est tout le contraire !
Fabienne Grebert, présidente du groupe RCES et membre de la commission environnement réagit : « Ces élus de tous bords confondus se trompent de siècle. Le coût du nucléaire est bien supérieur à celui des énergies renouvelables. La Cour des comptes estime un coup de production des nouveaux EPR à 120€ le MWh tandis qu’on tourne autour de 60€ pour l’éolien et le solaire. Le chantage à l’emploi ne fonctionne pas. Les énergies renouvelables ont créé 250 000 emplois en Allemagne tandis qu’après 50 ans d’investissements massifs, le nucléaire emploie directement seulement 125 000 personnes en France. »
Florence Cerbaï, élue RCES de l’Ardèche complète : « Construire des EPR en zone sismique et inondable n’est pas sérieux, souvenons-nous du récent séisme au Teil ! Ces 33 élus n’agissent pas dans l’intérêt général de nos territoires : ils réfléchissent à court terme, c’est très électoraliste. On le sait, exploiter une centrale nucléaire près d’un fleuve pose problème avec le réchauffement climatique, le Rhône en sous débit peine à refroidir les réacteurs. Il y a des conflits d’usage, une augmentation de la température du fleuve, une atteinte à la biodiversité. On ne peut ignorer cette réalité. Les arguments utilisés par la Présidente du Département de la Drôme, basés sur l’image qu’ont les riverains de la société EDF sont contestables : ce qu’on entend ici, en Ardèche, quand on s’éloigne d’à peine 20 km de la centrale c’est une forte inquiétude, une vraie opposition et une vraie disposition des militants à se mobiliser contre ce type de projet. Rappelons que les sondages montrent que 53% des Français sont opposés au Nucléaire. Si on veut réaliser la transition écologique rapidement, on a bien autre chose à faire de ces 135 hectares qu’y déverser du béton pour y construire des EPR; nous avons besoin de plus d’agriculteurs, d’installer des ENR; pas d’un nouveau chantier catastrophique comme celui de Flamanville (surcoût, délais…), ni d’une nouvelle sortie d’autoroute ! »