Peut-on encore échapper à Vinci en région Auvergne Rhône-Alpes ?

Le 7 juillet, la majorité régionale validait la participation financière de la région Auvergne Rhône Alpes à la construction de l’autoroute A45. Le concessionnaire était déjà tout choisi : l’opérateur Vinci.

Le 25 juillet, l’Etat a retenu Vinci Airport-Caisse des dépôts-Predica (Crédit agricole) pour reprendre sa participation dans l’aéroport de Lyon. Le consortium mené par Vinci a offert 535 millions d’euros pour obtenir les 60% des parts détenues par l’Etat.

C’est ainsi que de plus en plus d’infrastructures de la région Auvergne Rhône Alpes se retrouvent en grande partie dans les mains de Vinci : aéroport de Chambéry, A7, aéroport de Grenoble, Aéroport de Clermont Ferrand, et même … le Rhône Express pour se rendre à l’aéroport de Lyon, désormais majoritairement dans les mains de Vinci !

Pour les élus du Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire (RCES) ces choix politiques, de privatisation et de mise en œuvre de partenariats publics privés sont dangereux.

Pour Jean-Charles Kohlhaas, élu RCES membre de la commission transports et aménagement, « Il est désolant de voir autant d’infrastructures passer aux mains d’entreprises privées. Routes et aéroports et autres infrastructures doivent s’inscrire dans un schéma de développement partagé guidé par l’intérêt général et surtout, tenant compte des enjeux environnementaux du 21ème siècle. Laisser ces infrastructure à Vinci ou autres grands groupes, c’est comme si l’Etat et les collectivités jetaient l’éponge. Ce n’est plus l’intérêt général qui prime, mais bel et bien les intérêts privés et financiers. »

La mainmise du privé sur des équipements publics nous a en effet déjà couté cher : regardez la privatisation des autoroutes et les profits engrangés par les concessionnaires privés sur les péages alors que l’investissement de départ lui a été supporté par la collectivité ! « Et on recommence avec Vinci ? Ca n’est pas très responsable. Avec Vinci qui devient majoritaire, le public perd le contrôle sur ce qu’il pourra engager sur les réserves foncières (950 ha) qui entourent l’aéroport. Autant de terres en partie agricoles qui pourraient être transformées en parking ou centre commercial sans que le public n’ait son mot à dire. C’est un aveu d’échec total de la puissance publique sur un domaine pourtant stratégique. » renchérit Emilie Marche, élue iséroise, engagée aux côtés des opposants à la privatisation de l’aéroport.

Comme le rappelle Corinne Morel Darleux, élue RCES  : « Aujourd’hui que l’on prenne l’avion ou l’autoroute, les grands bénéficiaires seront les actionnaires de Vinci. Conclusion, pour échapper à Vinci en Auvergne Rhône-Alpes… prenez le train !«