Où sont les femmes ?

Gérard Larcher a été réélu hier à la Présidence du Sénat. Un homme de plus au sommet de l’Etat.

Le Président de la République est un homme. Le Président de l’Assemblée Nationale est un homme. Les 7 groupes politiques de l’Assemblée Nationale sont présidés par des hommes. Gérard, Emmanuel, François, Richard, Jean-Luc, André, Marc, Olivier, Christian, Franck, Marc … Autant de prénoms masculins qui se côtoient autour des lois et autres décrets qui régissent notre vie en société.

Dans les collectivités locales, le constat est le même : les hommes représentent 90,1% des présidents des conseils départementaux et 83,3% des présidents des conseils régionaux ! La loi sur la parité a beau être en application depuis plus de 10 ans, les postes clés reviennent systématiquement à des hommes.

Seulement voilà. Un français sur deux est une française.

Notre groupe au conseil régional est un beau contre-exemple : 77,77% des membres du groupe Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire au conseil régional d’Auvergne Rhône-Alpes sont des femmes.

Ça n’est pas un choix. C’est peut-être une force.

Monique Cosson, présidente du groupe RCES détaille : « Les élu-es représentent les citoyen-ne-s. Qu’il y ait autant d’hommes que de femmes dans les institutions parait logique. Si la parité légale est respectée au conseil régional, dès qu’il y a des cercles avec des enjeux de pouvoir, les hommes prennent le dessus. Au sein de l’exécutif, sur 28 personnes, 18 sont des hommes. Les négociations se font entre hommes. Laurent Wauquiez persiste à s’adresser à Monsieur Kohlhaas au lieu de s’adresser à la Présidente du groupe RCES. C’est une inertie difficile à combattre mais nous nous y employons quotidiennement. »

Corinne Morel Darleux complète : « C’est un joli pied de nez : des amazones dans un monde d’hommes ! Notre groupe fait figure d’exception à la Région. Mais commençons par tuer le fantasme : on ne fonctionne pas comme les Na en Chine ou les Khasi en Inde ! D’ailleurs nos deux élus masculins n’ont pas à se plaindre je crois. Ce qu’on veut montrer, ce n’est pas la supériorité féminine, juste qu’on peut faire notre travail d’élues comme des hommes, ni plus ni moins : nous sommes très présentes dans l’hémicycle, nous n’avons pas peur de prendre la parole et de monter au créneau. Qu’il n’y ait aucune femme aux postes clés de l’Etat est une anomalie. Encore une atteinte à la biodiversité… (sourire) »