Politique culturelle régionale ou comment châtier ses ennemis et servir ses amis

La politique culturelle de la nouvelle majorité régionale pose question. Mais où veut donc en venir la région en matière culturelle ? Alors que la commission permanente du 26 mai a adopté de larges baisses des subventions aux structures culturelles, Myriam Laïdouni Denis, élue du groupe RCES et membre de la commission culture, interroge la politique culturelle régionale :

Une feuille de route inexistante

« Aujourd’hui, les acteurs de la culture (artistes et responsables de structure) sont dans le flou le plus total. Ils font face  à un silence assourdissant de la part de la région sans aucune réponse à leurs demandes de subvention. Et quand leur dossier est examiné, la sentence tombe sans aucune explication… » rapporte l’élue, elle-même intermittente du spectacle.

Preuve en est, le désengagement de la région du projet  ARC NUCLEART qui assure la préservation d’éléments du patrimoine historique et de conservation des vestiges archéologiques à Grenoble sans aucune explication de fond.

« Ce n’est pourtant pas faute d’avoir interrogé la Vice Présidente sur les critères de sélection. Nous voulons comprendre quel est l’axe choisi. Quelle politique culturelle est menée par la région et quels choix de subvention en découlent. Aujourd’hui, nous n’avons reçu aucune réponse. »

 Le règne de l’arbitraire

«  Nous ne pouvons que déplorer la  suppression des comités de sélection.  L’absence de critères de sélection met entre les seules mains élus de la majorité et des services les choix culturels. C’est un recul pour la démocratie culturelle et un boulevard pour l’arbitraire et le clientélisme » continue Myriam Laïdouni Denis.

L’absence de critère et de jury a ainsi permis le doublement de la subvention au festival de Vienne (de 75000 à 150000 €) dont le président n’est autre que le maire de Vienne LR et conseiller régional Thierry Kovacs. Le doute est plus que permis quand à la raison de cette subvention doublée.

En plus de l’absence de transparence dans l’attribution des subventions, Myriam Laïdouni Denis dénonce un double discours : « La Vice Présidente à la culture a  assuré à plusieurs reprise qu’elle veillerait à ce que les baisses de subvention ne mettent pas en péril des structures. C’est faux. Et c’est la ville de Grenoble qui en fait les frais avec la fermeture du CIEL »

Cette structure de soutien à la création musicale, pourtant labellisée par l’Etat, a vu arriver cette année un double désengagement financier (Etat et région refusant de verser 30 000€ chacun) obligeant la ville de Grenoble à fermer la structure dans sa forme actuelle.

Myriam Laïdouni conclut : « Aujourd’hui, si la municipalité grenobloise est sous le feu de critiques de certains milieux parisiens  pour sa politique culturelle, nous invitons les détracteurs à jeter un œil à politique culturelle de Laurent Wauquiez : pas de feuille de route, des subventions arbitraires et des décisions entraînant des fermetures de structures culturelles tout en laissant le discrédit aux autres. Alors, ils sont où les fossoyeurs de la culture en région Auvergne Rhône-Alpes ? »