Récit de lutte : Corinne Morel Darleux auprès des grévistes du lycée Bouvet à Romans sur Isère


DKO3n2LX0AAs6qeJ’étais ce matin au lycée professionnel Auguste Bouvet de Romans sur Isère, 450 élèves dont beaucoup sont issus de ce qu’on avait coutume d’appeler «éducation prioritaire ». Depuis le 19 septembre, l’ensemble de la communauté éducative y est en gréve pour protester contre le manque de personnel.

Entre la suppression de trois contrats aidés et la Région qui rechigne à titulariser et remplacer les départs, ils peinent là. Sans parler de l’entretien du parc d’1,4 hectare. Ni du plateau sportif qu’ils demandent depuis des années à la Région… Qui de facto ne risquait pas d’entendre les demandes ni de voir la situation se dégrader, vu que l’élue régionale qui siège au Conseil d’Administration, Madame Thoraval, n’y a pas été vue une seule fois depuis son élection il y a un an et demi. Ah, et au passage, Madame Thoraval est aussi maire de Romans sur Isère, et membre de LR. Visiblement soucieuse de ce qui se passe dans sa ville et de ses jeunes habitants, donc. Exemplaire.

J’ai également rencontré le Proviseur du lycée, que j’ai tout d’abord assuré de ma sympathie : pour avoir dirigé le service des écoles d’une mairie en Seine Saint Denis, je peux imaginer que l’accueil des élèves dans ces conditions soit un peu compliqué. Mais j’ai également plaidé pour le rapport de forces, en faisant valoir que la mission qu’ils remplissent au lycée est absolument fondamental et ne peut être faite au rabais. Il faut y mettre les moyens, et ceux-ci existent : il s’agit de choix budgétaires, il n’y a qu’à voir les millions placés sur des projets autoroutiers, par exemple. Or si le lycée accepte aujourd’hui ces conditions, en se disant qu’après tout ils peuvent réussir à se débrouiller, la débrouille deviendra pérenne, et la situation dégradée deviendra « normale ». C’est une chose qu’on ne peut accepter.

Voici la vidéo de Nicolas Poncet, documentaliste au lycée, qui explique la situation et les demandes qu’ils adressent à la Région pour des « conditions décentes d’enseignement ». Ils y seront reçus lundi après-midi, accompagnés d’un représentant de la CGT Éducation – la FSU et Sud Education sont également de la partie. Nous allons avec Monique Cosson, élue RCES à la commission Lycées, saisir la Région. L’inspecteur d’académie doit également venir les voir prochainement. En attendant, ils ont suspendu le mouvement mais prévoient déjà des AG après ces deux entrevues pour décider de la suite. Aujourd’hui, certains ont prolongé leur grève d’un jour pour aller manifester contres les ordonnances de Monsieur Macron. Parce que tout ça se tient, au nom de l’austérité, on se soutient, au nom de l’intérêt général.

Nicolas Poncet, documentaliste, explique le mouvement de grève

 

Nicolas Poncet, documentaliste, interpelle la Région