Report modal : comment la Région a roulé dans la farine les populations des vallées alpines

Fin 2016, le président de la Région Laurent Wauquiez déclarait à l’AFP : « La Région ne peut pas rester les bras croisés face à la pollution de nos vallées et on veut lancer un grand plan pour la relance du fret ferroviaire alpin ».

 

Le Vice-Président en charge des transports Patrick Mignola lançait une consultation des associations et organisations, souhaitant « mettre en place des moyens visant à réduire la circulation routière des marchandises », … « dans les délais les plus courts ». Il proposait de lister « les lieux de chargement…les plus appropriés, les matériels ferroviaires et routier nécessaires, les services à mettre en place et les difficultés à traiter ».

Cette consultation s’est conclue par une journée à Chambéry le 13 avril 2016. Plusieurs propositions opérationnelles et concrètes rassemblaient une large majorité, voire l’unanimité des organisations présentes.

Jean-Charles Kohlhaas, membre de la commission transports et rédacteur d’une contribution au nom du groupe RCES réagit : « On s’attendait donc à ce que la Région affirme, dans une délibération opérationnelle, les mesures concrètes qu’elle allait mettre en œuvre pour diminuer dès maintenant le nombre de poids lourds qui traversent les vallées alpines par les tunnels du Mont Blanc et du Fréjus. Lors du débat en commission, le vice-président P. Mignola s’était engagé à muscler le rapport. Il a préparé amendement de l’exécutif, curieusement pas présenté en séance. M Mignola était lui-même absent.Notre amendement qui inscrivait dans le gras les mesures citées dans le maigre et les conclusions de la journée du 13 avril a été intégralement rejeté par le président Wauquiez. »

 

Le président de la Région, qui ne se prive pas d’accuser les autres d’hypocrisie, aura atteint ici les sommets de la tartufferie. Il aura fait croire aux populations, aux associations, aux élus locaux qu’une large concertation allait permettre enfin d’avancer sur ce dossier. Enfumage, la délibération se bornera aux bonnes intentions, à une possible action dans 4 ou 5 ans, et à réfléchir…

Le travail de près d’un an des acteurs des territoires et de l’ex vice-président P. Mignola auront été gommés en quelques minutes.

Il était possible de diminuer fortement le nombre de camions en les transférant sur le train dès 2018. M. Wauquiez préfère continuer d’empoisonner les populations des vallées alpines.