Risque d’accident à la centrale du Bugey, des millions de français concernés

L’institut biosphère de Genève a publié une étude dont le but est de modéliser la trajectoire et la dispersion des retombées radioactives en cas d’accident majeur dans les centrales nucléaires suisses et à la centrale du Bugey dans l’Ain. Sur la base de ces informations et de 365 scénarios de météo quotidienne, elle quantifie le nombre de personnes à évacuer et tente d’estimer les conséquences sanitaires à prévoir.

Les résultats sont édifiants. Les élus régionaux du rassemblement citoyen, écologiste et solidaire ne sont pas surpris mais ressentent l’impérieuse nécessité de faire connaitre les résultats de cette étude au plus grand nombre.

En effet, parmi les 5 centrales étudiées, le chiffre le plus élevé de personnes potentiellement impactées par une contamination d’ampleur est celui de la centrale du Bugey, la deuxième plus ancienne centrale de France. Si un incident survenait, jusqu’à 5 millions de français* seraient exposés aux radiations tandis que 20 000 km2* de zones agricoles seraient contaminées.

Cette étude ne peut être ignorée. Il en va de la sécurité des habitants de notre région.

Fabienne Grebert, élue RCES et membre de la commission environnement réagit : « Le silence autour des risques nucléaires en France relève presque de la fake news. Cette étude de biosphère doit être connue de tous et particulièrement des décideurs publics. On ne peut pas faire des lois nationales ou délibérations régionales en faveur de transition énergétique et ignorer totalement le risque que le nucléaire fait peser sur les populations. La ville de Genève ne s’y est pas trompée et a porté plainte contre la centrale du Bugey pour mise en danger de la vie d’autrui. Quand allons-nous ouvrir les yeux de l’autre côté de la frontière ? »

Corinne Morel Darleux, porteuse d’un vœu pour la fermeture du Bugey au conseil régional en 2017, complète : « Ne nous leurrons pas. Le réchauffement climatique rend le nucléaire, qui dépend du bon refroidissement des centrales, encore plus risqué. Le combat anti-nucléaire est plus que jamais d’actualité. J’entends bien que nous n’avons pas tous les mêmes approches énergétiques, mais les chiffres sont là. Nul ne peut encore ignorer que le Bugey pose une question de sécurité publique. La centrale se situe à 30 km de la plus grosse agglomération de notre région. Il est temps de prendre nos responsabilités et de la fermer. »
*les chiffres consolidés sortiront début juin