Session du 22 septembre 2016 – Chronique d’Emilie Marche

Par Emilie Marche

Abjecte, inhumain, nous avons eu le droit à tout, lors du vœu de la droite sur les réfugiés, reprenant les dires de leur président qui étaient que la région n’accueille pas les 1784 réfugiés du plan gouvernemental et qu’ils se rendaient solidaire des maires qui refusaient l’accueil des réfugiés. A la fin de la présentation, le président du groupe FN se précipite pour avoir le micro. Il intervient et là, les 34 élus FN brandissent des pancartes « ma commune sans migrant ». Le président de la région garant du bon déroulé de la séance laisse les élus FN avec leur pancarte abjecte pendant plusieurs minutes. Nous sommes obligés de rappeler le président à ses obligations, du côté de la droite : rien, même les groupes UDI, et MODEM restent pantois regardant cela comme si tout cela était normal. Dans cette ambiance houleuse sous les huées du FN, Corinne Morel Darleux a une minute pour répondre. Une minute et pas une seconde de plus dans une atmosphère chaotique commençant par ces mots : « je n’avais même pas réussi à entendre que c’était à moi de prendre la parole ». Elle n’a même pas eu le temps de terminer son intervention.

Nous passons ensuite au 2ème vœu sur les réfugiés, celui du groupe PCF demandant que la région accueille les réfugiés. L’Elu PCF sera coupé dans son intervention, par les élus FN qui re-brandissent leur pancarte en insultant les communistes de collabo. Et rebelote, le président de la région met plusieurs minutes avant de rétablir le calme. Invraisemblable à croire qu’il soutenait leur action. C’est même en contraction avec le règlement intérieur de la région, dans lequel il est clairement stipulé l’interdiction des pancartes pour le public. Là, c’est la colère qui monte en moi, j’ai tout simplement la chair de poule : comment peut-on laisser faire cela en France, où son  passé les mots Liberté, Egalité, Fraternité. Je dois intervenir et je n’ai qu’une minute. Je me concentre donc sur mon intervention afin d’avoir le temps de tout dire et de ne pas être coupée. En une minute, j’ai donc concentré mon intervention sur le respect du droit international car oui la région doit accueillir les réfugiés car elle est signataire de la convention de Genève. Et oui, M Wauquiez, c’est ça aussi l’éthique, c’est respecter le droit international.

Ethique c’est le respect de tous

La charte éthique de M Wauquiez  c’est un texte qui reprend ce qu’il y a dans la loi. Le groupe du Rassemblement Citoyen Ecologiste et Solidaire a proposé via un amendement, une autre charte éthique allant plus loin que la loi comme le non-cumul des mandats, l’intransigeance sur les conflits d’intérêts, etc. L’éthique, c’est aussi le respect des personnes car quand on parle de cancer de la société pour les chômeurs, quand on n’applique pas le droit international et quand on se permet d’insulter ses adversaires politiques de khmers verts, nous sommes bien loin de l’éthique. L’éthique quand on est président de région c’est aussi d’écouter les élus d’opposition quand ils parlent. Aussi bien pendant son intervention que lors de nos amendements, quand Fatima Parret Bezli s’exprimait au lieu de l’écouter, Laurent Wauquiez préférait ricaner avec les membres de sa majorité. Un manque de respect évident et comme d’habitude, pas de réponse claire à nos questions. Ce plan met en concurrence les territoires, il n’y a pas de critères d’attributions ni de concertations avec les élus, bref une vraie politique clientéliste.

Priorité aux Chasseurs

Khmers verts, je ne sais plus combien de fois les élus LR et les élus du FN ont parlé de nous dans ces termes. Là, nous étions en pleine démagogie, une fois n’est pas coutume. Les chasseurs n’étaient pas les grands oubliés de la région lors du mandat précédent. Il y avait une convention entre les chasseurs, la LPO et la Frapna. Ces deux derniers ont été squeezés et du coup, seuls les chasseurs ont la subvention de 3 millions d’euros pour un certain nombre de missions d’application du schéma régional de cohérence environnementale (SRCE). Depuis le début de mandat, c’est le temps des vaches maigres des budgets en fonctionnement, nous nous insurgeons que ces 750 000 euros  n’aillent qu’à un destinataire alors que tant d’autres en sont privés comme l’a si bien dénoncé Fabienne Grebert dans son intervention.

Les lycées sont une compétence pleine et entière de la région. Et pourtant, dans le rapport sur les dotations des lycées, il y a rien ou presque : « je n’ai jamais vu une délibération dotations de fonctionnement lycées aussi courte, aussi imprécise et aussi peu transparente » a dénoncé dans son intervention Monique Cosson. Ainsi vont les rapports de la région de session en session, politique clientéliste ou rapport en coquille vide, car outre les coups d’éclat à la presse de Laurent Wauquiez, le contenu de sa politique est évanescent. Il y a certes les vœux, je vous en ai parlé tout début. A la région nous avons un quota de vœux par assemblée selon la taille du groupe. Il nous restait un vœu. Notre vœu portait sur les assistants d’éducation dans les lycées, il s’agit de rétablir les moyens humains dans les établissements et donc d’interpeller la ministre de l’éducation, pour demander la non-suppression de ces postes d’assistants. Nos lycées ont besoin d’humain et pas de portiques, ni de caméras de vidéosurveillance. Ce vœu, passant en dernier dans l’ordre du jour de cette assemblée, n’a pas été considéré à sa juste valeur. La majorité l’a refusé sans même prendre le temps de nous répondre, se contentant d’un « Avis défavorable ». Un mépris total qui démontre une fois de plus le manque de respect de la part de la majorité de droite, qui préfère monter les gens les uns contre les autres au lieu d’agir au nom de l’intérêt général.