Session du 23 juin 2016 – Chronique d’Andrea Kotarac

Notre groupe d’élu-e-s déterminé face à un exécutif qui doute

 Par Andréa Kotarac 

On dit souvent que Laurent Wauquiez est un homme pressé. Et bien, nous l’étions aussi, ce jeudi 23 juin. Pressés de défendre nos analyses face aux dossiers qu’il nous propose, mais surtout de plaider pour un nombre considérables de citoyens concernés par les décisions d’un seul homme.

 

Laurent Wauquiez ou le manque d’une vision politique ambitieuse, à long terme

Après les excès de vitesse de M. Hortefeux sans conséquences pour ses points de permis, Laurent Wauquiez, l’homme pressé, file les yeux bandés droit dans un mur. En effet, ce dernier nous propose son « plan Neige » pour les stations de ski. Raisonnement de l’exécutif : « Pas de neige ? On va mettre des canons à neige ». Ni plus, ni moins.

Comme nous le lui rappelions,« un hectare enneigé au canon exige tout de même 4.000 m3 d’eau et 25.000 kilowatts ». C’est-à-dire que grâce aux savantes solutions de l’exécutif, s’il y a un hiver si doux et un changement climatique palpable, et bien, il faut l’accélérer par ces mesures.  Qui seront les victimes ? Nos stations de montagne les plus vulnérables, leur budget endetté à long terme, les saisonniers, les skieurs au forfait qui va considérablement augmenter et bien sûr notre environnement à tous, en premier lieu…

A cette politique de l’artifice et du tourisme de masse, nous  opposons une vision de la montagne des 4 saisons, qui préserve la biodiversité et le développement de l’activité de montagne pour ceux qui y travaillent toute l’année. Notre plan  c’est travailler la question des lits froids, du tourisme pour tous, de l’accessibilité avec des plans de déplacement adaptés, penser aux compétences et à la sécurisation des parcours, à l’accueil des saisonniers et à la diversification des activités.

 

Le rapport est toutefois voté, après la demande de M. Chabert, président de la commission Montagne, appelant à voter pour, et c’est fièrement « en tant que président du syndicat des moniteurs de ski » qu’il l’exprime.

 

Rassuré  à l’idée d’appartenir à cette famille politique

Après avoir été le plus grand défenseur de la République lors de sa campagne, M. Wauquiez change une fois de plus de conviction. Il demande à subventionner les lycées privés au-delà de ce qu’exige la loi. En bref, celui qui prônait un peuple uni et indivisible, une éducation républicaine, décide finalement d’abandonner petit à petit l’école de la République… J’en prends bonne note. Nous votons contre sa proposition.

Sans compter sur ses promesses sur le mérite, Laurent Wauquiez, soutenu par le béniouiouisme remarqué de l’UDI, propose une cagnotte de 500 euros aux bacheliers mention très bien. Et uniquement aux 200 premiers les plus méritants. Budget oblige. « Si tu as un CAP, si tu es le 201ème, un diplôme sanitaire ou social, si tu as échoué, si tu as des difficultés scolaires, ou personnelles » ?  Non, pas méritant. Finalement, cela me fera penser aux conseils du professeur Macron aux élèves de maternelle quant à se rêver d’abord en millionnaires. Macron-Wauquiez ? La plaine de la politique, sans caractère, plate, sans idées nouvelles sinon celles des années 80. Un bon repas garni, accompagné d’une sauce à la Tapie. Telle est leur recette.

 

Finalement, je suis plutôt rassuré d’appartenir à ce groupe d’élus. A la fois quand le FN nous a répondu en nous accusant d’être proche d’un Bourdieu ou lorsqu’ils condamnent le bilan d’un Philippe Meirieu.  Et surtout rassuré, lorsqu’au moment du rapport de la CRC relatif à la gestion calamiteuse d’ERAI, j’observe sur le tableau des votes  que nos prédécesseurs, élus du PG, d’EELV encore du mouvement Ensemble ! étaient les seuls à voter contre tous ces rapports aujourd’hui si décriés. C’est bien une longue cohérence politique que nous tâchons de suivre aujourd’hui.

 

Après un ordre du jour une fois de plus bousculé, le Président retire laborieusement et provisoirement son rapport sur l’interdiction des élus à communiquer par les réseaux sociaux les échanges en commission (il demande à l’opposition de faire des propositions alternatives).  Alors que la région Occitanie avait retiré cette interdiction, tout comme l’Assemblée nationale, M. Wauquiez souhaite opérer l’exact inverse, promettant de nombreux débats à huis clos, loin des citoyens…

En bref, nous constatons à nouveau, une drôle de façon de faire vivre la démocratie pour cet homme, futur n°1 du parti des « républicains »…