Session du 9 février 2017 : chronique de Fabienne Grébert

Première assemblée plénière de l’année et nous constatons à chacune de ses assemblées les dérives de la gouvernance Wauquiez :  au programme suspicion de conflits d’intérêt, promesses non tenues, absence de dialogue avec les personnels de la Région, connivences avec le FN, et une opposition qui défend  à bout de bras la démocratie.

Pour la qualité de l’air, vous repasserez !

L’exécutif  présentait son avenant au Contrat Plan Etat Région et les grands gagnants de ce programme sont …. Les routes ! Même si cela ne fait pas partie des compétences de la Région, elles raflent le gros lot des investissements (3 fois plus que pour le ferroviaire). Les amendements présentés par J-Charles Kholhass et moi-même n’ont pas été pris en compte, les vice-présidents concernés ne semblent même pas avoir été consultés. L’exécutif avait pourtant annoncé des mesures en faveur du report du transport routier de marchandises , mais il faudra attendre. Laurent Wauquiez soutient ardemment le Lyon-Turin alors que des solutions sont à portée de mains pour détourner 1 milion de camions des routes vers le train, comme l’a montré Daniel Ibanez ou les associations consultées.  Mais ces solutions sont probablement moins juteuses pour les géants du BTP et plus économes de deniers publics.

 

Toujours les mêmes tentations clientélistes

Après les chasseurs, ce  sont les pêcheurs qui ont bénéficié de 3 millions d’€ de subventions au titre du shéma régional de cohérence écologique. Après avoir mis à sac et supprimé des centaines d’emploi dans les associations, l’exécutif a choisi de doter largement l’association régionale des fédérations de pêche avec une dotation de fonctionnement de près de 600000 €. On a du mal à comprendre ce soudain regain pour les frais de fonctionnement si décrié par ailleurs. Même incohérence avec la délibération sur les travailleurs détachés. Alors que M. Hortefeux a voté au Parlement Européen la directive Bolkenstein, voilà la Région qui tente de réserver ces marchés aux entreprises qui certifieraient ne pas embaucher de travailleurs détachés. On pourrait se réjouir de ce volte-face salutaire pour les entreprises françaises, s’il ne s’accompagnait pas d’une obligation faite aux salariés de parler correctement le français. Qui contrôle le niveau de français, sur quels critères? Rien n’est dit. Là encore après avoir supprimé les formations langue étrangère dans les GRETA et coupé largement dans les budgets de formation destinés à ceux qui en ont le plus besoin, Laurent Wauquiez fait comme si les entreprises du BTP n’avaient pas besoin de salariés étrangers pour mener à bien leurs chantiers.

 

Silicon Valley européenne : de la poudre aux yeux …

Le titre est accrocheur, la mise en scène aux côtés de Xavier Niel prometteuse avec l’arrivée de l’Ecole 42 en Région Auvergne Rhône-Alpes. Mais à qui profitera la feuille de route numérique proposée par la Région ? Pas un mot pour garantir l’accès de tous au numérique ; la Région n’a pas jugé bon de prendre en compte le rapport d’Emmaus Connect sur la fracture numérique, encore moins les inégalités d’accès devant l’acquisition de matériels et les connections internet à domicile. Pas un mot non plus sur la transition énergétique, alors que les émissions de CO2 représentent près de 2% des émissions mondiales et 13% de la facture énergétique française. Laurent Wauquiez fait allégeance aux géants du net et de l’informatique et ne mentionne même pas la possibilité de promouvoir les logiciels libres et l’interopérabilité.   L’ouverture des données, source de création de nouvelles activités économiques et d’une démocratie participative tant attendue par les citoyens est reléguée à l’état de simple expérimentation.  Le mode de gouvernance  pyramidale mis en place au sein de la Région ou seul Laurent Wauquiez prend ses décisions ne pourrait y résister.

Des personnels en situation de détresse

Cette gouvernance se caractérise aussi par une négligence des personnels de la Région. Rassemblés dans le hall au moment où se déroulait l’Assemblée Plénière, ils étaient venus manifester leurs inquiétudes et leurs perceptions totalement décalées par rapport au projet d’une e-administration performante et connectée. « Les agents ne sont pas des pions qu’on déplace » dénoncent les syndicats qui un an après la mise en place du nouvel exécutif ne voient toujours pas venir l’ombre d’une réorganisation structurée, en dépit de situations de souffrance au travail qui se multiplient et d’agents toujours en attente d’une réaffectation ou d’une mission clairement définie.

Gilles Chabert : une menace pour la probité de l’exécutif.

La gouvernance Wauquiez commencerait-elle à faire les frais de son style à la hussarde ? On peut être en droit de se poser la question. Gilles Chabert, conseiller spécial à la Montagne et président du syndicat national des moniteurs de ski pourrait se retrouver sous le coup d’une décision de justice. En tout cas, Corinne Morel-Darleux , élue du rassemblement, a saisi le procureur de la République, au titre de l’art 40 du code de procédure pénale, pour soupçon de prise illégale d‘intérêts. Ces multiples casquettes pourraient l’empêcher d’instruire plusieurs dossiers à la Région. En attendant, il poursuit son périple en Chine aux côtés de Laurent Wauquiez avec la Compagnie des Alpes, dont il vient juste de démissionner de son mandat d’administrateur.  M. Chabert sera-t-il associé à la création de l’école de ski chinoise annoncée à cette occasion par l’entreprise française ?  Comptez sur notre vigilance pour dénoncer le manque de probité dans la vie publique et garantir de bonnes pratiques démocratiques.