Tricastin : et si tout le monde revenait à la raison ?

Décidément, la centrale du nucléaire du Tricastin dans la Drôme alimente bien des fantasmes.

Le réacteur n°1 de la centrale va atteindre la date anniversaire symbolique des 40 ans. C’est normalement l’âge de fin de vie des centrales nucléaires françaises. Elles avaient même été initialement construites pour 30 ans et avaient déjà été prolongées en 2003. Pourtant, en dépit de tout bon sens et de toute responsabilité, EDF a entamé sa visite décennale et affiche clairement son objectif : poursuivre l’exploitation pendant encore 10 ans.

Dans le même temps, des élus (Alice Thourot, Célia de Lavergne, Marie-Pierre Mouton, Alain Gallu et Jean-Michel Catelinois) qui n’ont vraisemblablement pas connaissance du fiasco du chantier de l’EPR de Flamanville, ont été reçus au ministère et demandent la création d’un EPR sur le site du Tricastin.

Les élus régionaux du Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire sont stupéfaits devant tant  d’inconscience. Ils le disent clairement depuis des années mais clament d’autant plus fort aujourd’hui la nécessité de sortir du nucléaire.

Florence Cerbaï, élue RCES ardéchoise, voisine de la centrale du Tricastin réagit : « Cette idée de construire un nouvel EPR est complètement absurde et ne répond pas à un besoin. La centrale nucléaire du Tricastin a été initialement construite pour alimenter l’usine d’enrichissement d’uranium Georges Besse I. Cette usine est fermée depuis 2012 et sa remplaçante, Georges Besse II consomme 32 fois moins d’électricité. EDF réinjecte ainsi de l’électricité dans le réseau, mais cette énergie, nous nous en passions très bien avant 2012 ! Alors que la loi prévoit de réduire la consommation énergétique de 50% d’ici 2050 et la part du nucléaire dans notre production d’énergie, il n’y a aucune logique à construire un nouvel EPR au Tricastin. Il n’est pas sérieux de prolonger encore notre dépendance à l’énergie nucléaire, une énergie du passé, qui produit une électricité désormais plus chère que les renouvelables et des déchets dont nous ne savons que faire. La seule perspective sérieuse est de fermer Tricastin en commençant par le réacteur 1 qui passe actuellement avec l’Autorité de Sureté du Nucléaire (ASN) sa 4e visite décennale, une visite qui pourrait acter sa fermeture, si l’ASN accepte de prendre ses responsabilités ! »

Corinne Morel Darleux, élue RCES de la Drôme complète : « Prolonger la centrale du Tricastin pour 10 ans, ce n’est pas sérieux. Le site se trouve sur une zone sismique. Doit-on encore rappeler les dégâts irréversibles de Fukushima au Japon ? On nous dit que la cuve du réacteur n°1 comporte 20 fissures. Or la centrale ne se situe pas dans un No man’s land. L’étude de Biosphère nous l’a encore récemment rappelé, si un accident grave survenait, des millions de personnes seraient touchées. »