Voeu de soutien aux salariés d’Ecopla – Andréa Kotarac

Dans la vallée du Grésivaudan l’usine Ecopla, dans un village de 1200 habitants, fabrique des moules en aluminium. Unique fabricant de ce type de produits en France, il est devenu leader européen. Malheureusement, cette usine a été mise en liquidation judiciaire suite à sa faillite savamment organisée, il y a quelques mois. Ses salariés, et son savoir-faire présents sur nos territoires depuis 56 ans, seraient-ils condamné à disparaître !

Cette descente aux enfers est la conséquence d’une gestion catastrophique de la part de grands actionnaires internationaux. Faute d’investissement industriel, et par manque de trésorerie, l’entreprise est aujourd’hui menacée.

Les salariés, les élus et habitants du territoire ont construit un projet de rachat de l’entreprise, sous forme de SCOP, par les salariés.

De nombreux exemples ont pu démontrer que le statut de SCOP est parfaitement adapté à la situation, de rachat de l’entreprise par les salariés. Dans le cas précis d’ECOPLA, ce projet a été savamment étudié en prenant en compte les savoir-faire, l’organisation, la capacité de rentabilité.

En plus de la crédibilité, de l’audace économique et citoyenne du passage en SCOP, et du sauvetage des emplois, il s’agit d’un projet collectif construit autour des habitant.e.s, des élu.e.s de tous bords, accompagné par l’Union régionale des sociétés coopératives et participatives, pour nos territoires, pour la survie de Saint-Vincent de Mercuze et des communes environnantes.

Malheureusement, le tribunal de commerce de Grenoble a décidé, le 16 juin 2016, de privilégier le rachat de l’entreprise par le concurrent direct d’Ecopla, l’italien CUKI, sans reprise des employés, ni des locaux. Il est aussi prévu le rapatriement des outils de travail en Italie. Le projet du rachat de l’entreprise par les salariés sous le statut de SCOP a été écarté. Le savoir-faire, les emplois, mais aussi le territoire sont donc particulièrement en danger. Ils ont fait appel.

Leur appel n’étant pas suspensif, les salariés défendent leur outil de travail pour éviter le rapatriement des machines, vers l’Italie. Cette situation est inacceptable. Si l’offre du groupe italien (qui au passage s’achète la suppression d’un concurrent) est financièrement alléchante, il s’agit en l’espèce et en priorité de défendre des emplois locaux face à une finance internationale qui crée des monopoles, de défendre nos territoires face à la mondialisation sauvage, de défendre le long terme face aux bénéfices court-termistes, de défendre, surtout, le site de production et ses emplois face à la destruction de nos derniers savoir-faire industriels, Français et régionaux.

Vœu :

La Région Auvergne-Rhône-Alpes apportera son soutien plein et entier au projet de la SCOP ECOPLA. Plus que des mots, elle agira concrètement pour aider à sa concrétisation. Pour cela, l’assemblée régionale :

  • demande à son Président d’interpeller à nouveau, au nom de tous les élus du Conseil Régional, le Ministre de l’économie et de l’industrie sur le suivi du projet de SCOP, le soutien des territoires au travers d’emplois locaux.
  • s’engage à étudier avec les porteurs du projet de SCOP, une participation financière au projet, pour montrer son soutien à la détermination des salariés pour sauver leur entreprise.
  • réfléchira à la possibilité d’inscrire, dans le futur SRDEII (schéma régional de développement économique d’innovation et d’internationalisation), le droit de préemption pour le rachat d’une entreprise par les salariés. Ce droit pourrait rendre possible la priorité des salariés pour le rachat de leur outil de travail, avant d’éventuelles offres extérieures afin de garder les savoir faire dans nos territoire d’Auvergne Rhône Alpes.