Journée mondiale des réfugiés : l’enjeu de faire humanité

Pia Klemp, capitaine de bateau, est poursuivie par la justice italienne pour « aide et complicité à l’immigration illégale » et risque jusqu’à 20 ans de prison et une amende de 15 000€ par personne sauvée. Son tort :  Elle et ses équipages ont sauvé plus d’un millier de personnes de la noyade.

En cette journée mondiale des réfugiés, les élu-es régionaux du Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire, apportent tout leur soutien à cette militante.

À l’heure où l’obscurantisme conduit bon nombre de responsables politiques à pointer du doigt les migrants comme la cause des maux du monde, il est indispensable de rétablir la vérité : les migrants qui cherchent refuge sont les victimes de l’état de notre monde et non pas à l’origine de cet état. Les causes de migrations sont multifactorielles et indissociables : changement climatique, pollutions, crises politiques et catastrophes économiques se combinent. Dans ces conditions, migrer n’est jamais un choix mais une nécessité.

En 2017 c’est 68.5 millions de personnes déracinées. 25.4 millions sont des réfugiés qui ont fui leurs pays pour échapper au conflit et à la persécution, des déplacements forcés de population sans précédent, des déplacements essentiellement internes puisque les migrations internationales ne représentent que 3% de la population mondiale.

Myriam Laïdouni-Denis, élue régionale RCES membre de la commission « relations internationales » précise : « La journée mondiale des réfugiés sonne comme un rappel à l’ordre, comme un appel à la raison, à notre humanité dont la survie sur cette embarcation unique et commune qu’est notre planète, dépend de notre capacité à faire corps ensemble. Car sauver l’ «autre » c’est nous sauver nous même ! Cette journée met aussi en évidence la violation de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, du droit à la mobilité inscrit à l’article 13. Alors que la mobilité est considérée comme un facteur de la modernité et du développement humain, les deux tiers de la population mondiale sont privés de ce droit…en effet, si le droit d’émigrer (droit de sortie) est presque partout généralisé dans le monde depuis les années 1990, le droit d’immigrer (droit d’entrée) ne l’est pas du tout. Les mouvements de populations sont un fait inhérent à l’humanité tout comme la solidarité et la fraternité, sans eux comment pourrions-nous prétendre à un avenir ? »

Accueillir n’est pas un crime, vivre ensemble n’est pas un crime, la solidarité n’est pas un crime.