Tricastin : l’incident de trop ?

Et la si la sécurité des auvergnats et rhônalpins ne passait pas par la vidéosurveillance mais par la fermeture des centrales nucléaires ?

Il y a quelques jours, un incident est survenu sur le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) lors des opérations de déchargement du combustible. L’assemblage de combustible irradié est en effet resté suspendu de manière imprévue au-dessus des 156 assemblages encore présents dans le cœur du réacteur nucléaire. Sa chute pourrait entrainer des ruptures de gaines des crayons de combustible nucléaire et un relâchement de substances hautement radioactives dans l’eau du circuit primaire, puis, par dégazage, dans l’air du bâtiment réacteur et dans l’environnement.

Selon la CRIIRAD, il s’agit d’un incident très rare au niveau mondial. C’est pourtant la troisième fois en onze ans qu’il se produit sur la tranche 2 du site du Tricastin.

Pour les élus régionaux du Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire, cet énième incident doit déclencher une réaction politique forte. L’Etat prévoit une trop lente fermeture de réacteurs (entre 11 et 14 réacteurs avant fin 2035) tout en maintenant le projet d’EPR à Flamanville. Laurent Wauquiez – Président de la Région la plus nucléarisée d’Europe – quant à lui, multiplie les plaidoyers pour le nucléaire.

Florence Cerbaï, élue régionale d’Ardèche, membre de la commission sécurité du conseil régional réagit : « Alors que Laurent Wauquiez comme Emmanuel Macron n’ont que le mot sécurité à la bouche et se gargarisent de lois liberticides et d’installation de vidéo-surveillance, ils sont dans l’hypocrisie la plus totale en ce qui concerne le nucléaire. Les drômois et ardéchois sont exposés à des risques inconsidérés du fait de leur proximité avec la centrale défaillante du Tricastin. Leur sécurité et leur santé doivent primer. L’État doit impérativement s’engager sur un calendrier de fermeture rapide des réacteurs, notamment des plus vieux. Cette année le réacteur 1 de Tricastin va dépasser les 40 ans de service alors qu’il avait été conçu pour 30 ans et présente plusieurs microfissures dans sa cuve. L’enquête publique pour sa prolongation doit bientôt commencer. Cette prolongation ne doit pas avoir lieu. Quant à Laurent Wauquiez, il doit se rendre compte que la sécurité des rhônalpins passe par la protection face aux risques nucléaires et s’engager dans le développement des énergies renouvelables. Ses récentes diatribes contre les éoliennes font au contraire craindre que la Région Auvergne Rhône Alpes tourne le dos à la transition énergétique. »